d'Abbas Kiarostami

 

Abbas Kiarostami est certainement l'un des cinéastes encore en activité les plus récompensés à travers les festivals. On peut donc être très surpris de la sortie confidentielle en salle l'an dernier de son dernier film, Like someone in love. Le film, d'une grande beauté formelle, est un pur hommage à Ozu. Il nous raconte la rencontre entre un vieux professeur à la retraite et une jeune étudiante qui se prostitue. La Rencontre d'un cinéaste iranien avec la culture japonaise : exceptionnel.

Eric

 

de Julie Birmant & Clément Oubrerie 

 

Série très réussie en quatre épisodes, cette biographie romancée suit le quotidien de Picasso jeune homme, à Paris, au début de sa carrière. C'est par le regard de Fernande, muse et premier amour de Picasso, que l'on s'immerge dans la vie bouillonnante de Montmartre et des artistes qui bouleverseront le monde de l'art. Intelligent et très bien rythmé, le récit est porté par le graphisme enlevé d'Oubrerie.

Mélanie

 

de Inio Asano

 

Série manga étonnante, Bonne nuit Punpun retrace la vie d'un petit garçon de primaire, représenté sous la forme d'un oiseau, qui voit sa vie basculer un beau matin, lorsque son père blesse sa mère suite à une dispute particulièrement violente. Asano s'attache à dépeindre des situations graves de la vie réelle dépourvues de tout réalisme graphique. Une originalité stylistique qui étonne, et bouleverse!

Mélanie

 

de Ibrahim Maalouf

 

Quatrième opus déjà pour le trompettiste qui n'en finit pas d'affiner son jeu et développer ce qui ressemble note pour note au meilleur d'un Miles Davis dans le meilleur de sa période modale... Mais Maalouf est bien trop rusé et intelligent pour calquer le jeu du maître. Pour cet hommage à René Clair, il développe des thèmes bien à lui, sous influence orientale, avec ce respect inné des ambiances polar et d'un jazz classique à la facture impeccable.

Hervé

 

 

de Daniel Darc

 

Animal blessé et émouvant de la chanson française, Daniel Darc a toujours consciencieusement évité les autoroutes de la renommée et la reconnaissance de la plupart de ses pairs pour s'affranchir dans les excès en tout genre. Sa carrière hiératique ressemble à celle d'un religieux halluciné, et ce n'est pas un mystère de le voir en fin de carrière embrasser un Dieu longtemps refoulé. Chapelle Sixteen, double album posthume, est, en ce sens, prodigieux, intense et intime. Un ultime sourire à une destinée pas toujours heureuse.

Hervé

 

 

 

 de David Moreau

 

20 ans d'écart, c'est l'histoire d'Alice, une femme qui approche de la quarantaine et qui bosse comme une dingue pour un magazine de mode. En revenant d'un voyage d'affaire, elle va croiser la route de Balthazar, un garçon de 20 ans, étudiant et déjà totalement sous le charme de la femme active. Ca tombe bien, puisqu'Alice a désespérément besoin de rajeunir son image auprès de son patron, qui la trouve trop coincée...

Rabah

 

 

de Simon Curtis

 

Ce film est passionnant à plus d'un titre. Loin d'être un biopic traditionnel, le scenario repose sur les souvenirs de Colin Clark qui fut chargé de veiller sur Marilyn Monroe venue tourner à Londres Le prince et la danseuse sous la direction de Sir Lawrence Olivier. Entre la star et lui, une relation ambiguë va se développer. Vanessa Williams nous donne toute la mesure de son talent pour nous livrer une authentique Marylin sensible, toute en finesse et d'une très grande fragilité.

Eric

 

 de Tay Garnett

 

Si le réalisateur est surtout connu pour son adaptation du livre de James McCain Le facteur sonne toujours deux fois, il ne faut absolument pas oublier des films plus mineurs de sa filmographie. Réalisé en deux semaines, avec un budget ridicule, cette série B nous réserve des moments de tension mémorables. L'intrigue est simple : une femme mariée soupçonnée d'adultère veut absolument récupérer une lettre dans laquelle son mari mourant confie ses soupçons. L'occasion de revoir également l'actrice Loretta Young, complétement investie dans son rôle de victime.

Eric

 

 

de Pascal Bonitzer

 

Un film qui déjoue les embûches du film social : pas de drame de l'expulsion, pas de thèse sur le sort injuste des sans-papiers, plutôt un portrait tout en nuances d'un homme ordinaire, lâche et courageux, veule et amoureux. Des quiproquos de comédie, une mélancolie bougonne si bien incarnée par Jean-Pierre Bacri font de ce film une étude subtile de nos petites compromissions. Pascal Bonitzer, titulaire d'une maîtrise de philosophie, a écrit des ouvrages de théorie du cinéma. Il prouve que la réflexion sur le cinéma et sa pratique peuvent faire bon ménage.

Annie

 

 

de Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Ricloux

 

BD pour les férus d'histoires ou d'aventures au long cours. Un pavé, ultra documenté et en même temps extrêmement vivant. Une fiction pleine d'humanité.

Florence J.