de Grant Hart

 

Ex-collègue de studio et de scène de Bob Mould au sein de Husker Dü, groupe mythique du power rock US, Grant Hart a toujours développé dans des albums solo exigeants une vraie sensibilité pop derrière des textes souvent sombres et angoissés. The Argument est un magnifique retour gagnant, avec une vingtaine de titres (!) qui vous prennent à la gorge par leur beauté et leur urgence.

Hervé

 

 

 de Prefab Sprout

 

Un nouvel album de Prefab Sprout, en matière de pop, c'est comme un grand cru qui vous arrive en bouche sans coup férir, avec son lot de promesses de goût, entre générosité, finesse et amplitude. Crimson/Red ne déroge pas à la règle, et pour son premier album en 4 ans, Paddy McAlloon place la barre haut, en vrai génie de la pop, agrémentant des titres profonds et émouvants avec des envolées lyriques dont il a le secret. Chef-d'œuvre absolu.

Hervé

 

 

 

de Daniel Darc

 

Animal blessé et émouvant de la chanson française, Daniel Darc a toujours consciencieusement évité les autoroutes de la renommée et la reconnaissance de la plupart de ses pairs pour s'affranchir dans les excès en tout genre. Sa carrière hiératique ressemble à celle d'un religieux halluciné, et ce n'est pas un mystère de le voir en fin de carrière embrasser un Dieu longtemps refoulé. Chapelle Sixteen, double album posthume, est, en ce sens, prodigieux, intense et intime. Un ultime sourire à une destinée pas toujours heureuse.

Hervé

 

 

 

de Ibrahim Maalouf

 

Quatrième opus déjà pour le trompettiste qui n'en finit pas d'affiner son jeu et développer ce qui ressemble note pour note au meilleur d'un Miles Davis dans le meilleur de sa période modale... Mais Maalouf est bien trop rusé et intelligent pour calquer le jeu du maître. Pour cet hommage à René Clair, il développe des thèmes bien à lui, sous influence orientale, avec ce respect inné des ambiances polar et d'un jazz classique à la facture impeccable.

Hervé

 

 

de Gaëtan Roussel

 

Gaëtan Roussel a l'art de transformer les sons en or. « Orpailleur hors pair » comme il le chante, il adore bricoler ses chansons dans son studio d'enregistrement et passer au crible de son tamis les compositions qui lui trottent dans la tête, en essayant de restituer le meilleur d'une pop-rock aux nombreuses pépites sonores.

Rabah

 

 de David Moreau

 

20 ans d'écart, c'est l'histoire d'Alice, une femme qui approche de la quarantaine et qui bosse comme une dingue pour un magazine de mode. En revenant d'un voyage d'affaire, elle va croiser la route de Balthazar, un garçon de 20 ans, étudiant et déjà totalement sous le charme de la femme active. Ca tombe bien, puisqu'Alice a désespérément besoin de rajeunir son image auprès de son patron, qui la trouve trop coincée...

Rabah

 

 

de Simon Curtis

 

Ce film est passionnant à plus d'un titre. Loin d'être un biopic traditionnel, le scenario repose sur les souvenirs de Colin Clark qui fut chargé de veiller sur Marilyn Monroe venue tourner à Londres Le prince et la danseuse sous la direction de Sir Lawrence Olivier. Entre la star et lui, une relation ambiguë va se développer. Vanessa Williams nous donne toute la mesure de son talent pour nous livrer une authentique Marylin sensible, toute en finesse et d'une très grande fragilité.

Eric

 

 de Tay Garnett

 

Si le réalisateur est surtout connu pour son adaptation du livre de James McCain Le facteur sonne toujours deux fois, il ne faut absolument pas oublier des films plus mineurs de sa filmographie. Réalisé en deux semaines, avec un budget ridicule, cette série B nous réserve des moments de tension mémorables. L'intrigue est simple : une femme mariée soupçonnée d'adultère veut absolument récupérer une lettre dans laquelle son mari mourant confie ses soupçons. L'occasion de revoir également l'actrice Loretta Young, complétement investie dans son rôle de victime.

Eric

 

 

de Nicolas Winding Refn

 

Injustement mal reçu à Cannes (le film a été hué), le 9e opus de l'auteur de Drive est pourtant l'un des meilleurs films de l'année 2013. Bien plus qu'une simple histoire de vengeance, ce film nous plonge dans les bas-fonds de Bangkok avec des personnages aux motivations complexes. Le directeur de la photographie n'est autre que Larry Smith (on lui doit la photo de l'œuvre ultime de Kubrick Eyes Wide Shut, excusez du peu !) et dans un magnifique jeu d'ombres et de lumières tamisées, le film prend une dimension symbolique, métaphysique, rare.

Eric

 

dvd nvt adulte

 

de Pascal Bonitzer

 

Un film qui déjoue les embûches du film social : pas de drame de l'expulsion, pas de thèse sur le sort injuste des sans-papiers, plutôt un portrait tout en nuances d'un homme ordinaire, lâche et courageux, veule et amoureux. Des quiproquos de comédie, une mélancolie bougonne si bien incarnée par Jean-Pierre Bacri font de ce film une étude subtile de nos petites compromissions. Pascal Bonitzer, titulaire d'une maîtrise de philosophie, a écrit des ouvrages de théorie du cinéma. Il prouve que la réflexion sur le cinéma et sa pratique peuvent faire bon ménage.

Annie